En cas d’amour

Capture d_écran 2018-11-16 à 09.52.18Je suis un peu incorrigible, la fille qui ne sait pas s’arrêter de penser pour vivre. Je lutte contre cette obsession des idées, du cerveau qui tourne en boucle sur quelque chose, qui ne parvient pas à débrancher. Mais, je n’y parviens pas, malgré les lectures, le tricotage, les séries, les occupations pour débrancher…

En début de semaine, je suis passée à Ombres Blanches, la librairie toulousaine pour acheter le livre de poésie de Cécile Coulon, que je suis sur FB et que j’aime beaucoup. Il était en rupture, je suis donc montée à l’étage « psycho » pour voir les nouveautés. J’évite dorénavant tous les bouquins qui vous prédisent le bonheur en trois semaines, je crois que j’ai un peu fait le tour de la question des recettes prédéfinies, qui ne peuvent pas, forcément, s’adapter à tous, ce serait trop facile. Et je suis tombée sur ce bouquin : « En cas d’amour, psychopathologie de la vie amoureuse ». La dernière de couverture me parlait déjà beaucoup mais j’avoue que le premier chapitre avalé sur un des fauteuils de la librairie a fini de me convaincre. Il commence ainsi : « je voudrais que vous me débarrassiez de l’amour ». C’était exactement ce que j’ai dit à ma psy, je veux être anesthésiée des sentiments, je ne veux plus aimer parce que je ne veux plus souffrir, je veux pouvoir avoir des relations tout en légèreté mais pourtant qui auraient un sens. Et c’est exactement ce que la première patiente de la psychanalyste du bouquin sollicite. Il est finalement bon de lire que ce que l’on vit à quelque chose de commun, d’universel, parce que cela signifie que les solutions peuvent aussi exister, que ce n’est pas le trou noir d’une incompréhension impossible à combler.

Hier, j’ai l’impression d’avoir passé un cap, j’ai arrêté toute communication avec le propriétaire du chat. J’avoue pour de mauvaises raisons, ou du moins des raisons minables. Il venait, comme d’habitude, une fois par semaine, prendre des nouvelles de son chat et me balancer à la gueule, sa vie vite recomposée, sa nana qui était partie et qui l’a presque suppliée de la reprendre, il commençait toutes ses phrases par un « je vais t’expliquer quelque chose » et s’en suivait de la psy à deux balles sur mon incapacité à ne pas aimer, sur mon approche adolescente des relations humaines, sur mon invention d’une vie à la Causette alors que j’avais tout et lui rien, juste, un travail, une maison et une nana… Et à un moment, j’ai osé dire « je crois que l’on va en rester là définitivement ». Il a ri de ce rire nerveux que je lui connaissais, un rire qui est un peu comme un coup qu’il aurait pris dans le ventre. Je sais que je vais m’en mordre les doigts, les soirs oCapture d_écran 2018-11-16 à 09.01.39ù je me sentirais seule, je sais que c’était agréable de m’entendre dire que j’ai le pouvoir d’avoir les mecs que je veux mais que je ne m’en rends pas compte, je sais que ce miroir m’était à défaut de nécessaire, confortable. Mais ce miroir ne m’a jamais servi à rien parce que je suis, comme je lui ai dit, sur le quai de la gare alors que lui a pris un nouveau train, une nouvelle vie, lui qui disait ne jamais retrouver ce qu’il avait avec moi. Il a raison, je doute qu’il retrouve un toutou aussi docile et compatissant, toujours disponible, mais finalement, il aura une nana qui imposera ses choix et il s’y pliera, parce que c’est inévitablement ce que les mecs font, se mettre sous la coupe d’une femme. Mais ça, définitivement, je ne sais pas le faire… Et puis, j’en ai marre d’y avoir crû et je lui en veux de s’en être sorti aussi vite. C’est minable d’être envieuse, j’en conviens aisément. Une fois par semaine, je lui enverrais des photos de son chat, c’est ce qu’il m’a demandé et que je ferais, sans un mot, sans un commentaire, même les jours où je me sentirai seule….

Je n’ai jamais crû ceux qui disent que l’on peut vivre bien, avec un bon boulot, de beaux enfants, une maison et des amis, que cela peut suffire à être heureux. Que l’on peut donc vivre sans l’affection d’un autre, sans de l’affection à rendre. J’adorerai pouvoir penser et vivre cela, et je veux bien faire le pari que cela me soit rendu possible un jour. Je veux prendre ce pari !

12 réflexions au sujet de “En cas d’amour”

  1. Bravo et bravo de l’avoir enfin dégagé. Tu devrais même ne plus lui envoyer de photos car il va sûrement en profiter, vu le profil, pour t’harponner à nouveau …
    Il s’est débarrassé de son chat, tu t’en occupes sans avoir plus aucun compte à lui rendre. Les photos c’est toujours un lien de soumission envers lui. Basta !!!

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  2. Mais pourquoi lui envoyer des photos encore une fois cela permet de garder un lien
    Il n a qu a prendre son chat et l.histoire sera finie …la elle ne l est pas…
    Oui avoir une Maison un bon boulot des amis .. vous savez c est d autres soucis de moins a gérer en plus de l homme de sa vie qui manque a notre a notre vie ….ça ne suffit pas c est sur mais moi qui n ait pas le bon boulot et la maison ma vie serait déjà plus belle avec mes enfants Si nous avions ce « confort  » …malgré tout moi qui me retrouve en vous sur vos émotions sentimentales et ce côté ado ..Lol….;) ..Je me refuse à Ne plus croire en l amour a cause d une mauvaise aventure…et puis aujourd’hui il y a Les Sources..;) alors ce sera forcément une belle journée. Bises

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  3. Bonjour Alberte..
    « Sa vie vite recomposée » mouais il peut raconter ce qu’il veut de sa vie avec cette nana. Sachant son impossibilité à vivre quelque chose pendant 6 ans..sa vie est elle si folichonne ?? Tu n’as que sa version.. Puis ses « explications » quant à ta manière d’aborder les relations amoureuses mouaaaah nan mais venant de lui je rigole!! Il ne s’est sorti de rien Alberte, sinon il ne se pointerait pas une fois par semaine avec sa morale sous le bras et ses jugements à l’emporte pièce!
    Et je suis d’accord avec les commentaires précédents. Pourquoi te mettre une contrainte supplémentaire en lui envoyant des photos du chat? Ce n’est pas un enfant que vous auriez eu ensemble! Il te le laisse, c’est à toi. Point barre. Si c’était toi qui lui avais laissé ton chat il se serait embarrassé de t’envoyer des photos chaque semaine??

    Pour le reste j’aurais tant à dire tellement ça fait écho..je vais laisser infuser.

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    1. Je rêve d’arriver à ne plus prendre les antidépresseurs, j’en ai envie et peur à la fois. J’ai repris le sport et je tricote beaucoup. Ça va donc mieux mais j’ai peur de la précarité de cette impression…

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      1. Bonjour alberte
        On ne se connaît pas mais moi je préfère le « tu »..on doit être à peu près du même âge
        Écoute cette chanson de Rose
        « Mais ça va  »
        Un chouette soleil aujourd’hui il faut en profiter
        Amicalement

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      2. Les antidépresseurs sont une béquille, ne les arrete pas subitement, ce serait pire.
        Je suis contente que tu ailles mieux, c’est peut-être précaire, ‘il y aura peut-être des rechutes, mais la courbe est malgré tout ascendante 😉 Je t’embrasse.

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