Les « fraicheurs »

Image 02-11-2018 à 15.20

A la maison, nous sommes des « fraicheurs », ouais ! On a d’abord eu la grande qui l’a été avant tout le monde. Ensuite, son frère a pris le relais, on ne sait pas trop comment, au début, nous en riions sous cape avec sa soeur. Et puis, ce fut mon tour, les copines de la grande, les potes du petit en étaient venus à leur dire que « purée, ta mère elle est trop fraîche ». Alors si tu es comme moi une novice en vie adolescente, tu te  demandes forcément ce que cela peut bien signifier ! En gros, si tu es de la génération d’Alberte, tu comprendras mieux si je te dis que nous sommes smart ! A la mode, quoi !

Ce matin, je suis allée marcher, en fait, j’étais partie pour courir mais au bout de 20 mn, j’ai failli rendre l’âme, mais je me suis aperçue que pendant ce temps-là, je ne pensais à rien d’autres qu’aux foulées et aux respirations, il fallait donc que je continue. J’ai finalement fait 9 km et ai pu écouter un épisode des « Chemins de la philosophie », consacré au film de David Cronenberg, A History of violence.  L’invité cite « La visibilité est un piège », issu de Surveiller et punir de Michel Foucault. Et dieu que cette citation est vraie, être visible est un piège qui se referme sur nous comme une pieuvre. Elle épuise notre créativité. Un auteur ne vit pas cela, car il lance son livre, certes il doit subir les critiques mais elles viennent de professionnels et donc elles font grandir. Quoiqu’avec les réseaux sociaux, cela évolue aussi. Dans l’expérience Facebook, il y a cette sensation d’être exposée sans pouvoir avoir le recul nécessaire pour s’en protéger. N’importe quelle critique qu’elle vienne de proche ou d’inconnu se pose au même niveau, il est compliqué de s’en extraire, elle est comme une glue qui nous enserre de ses pattes gluantes.

FB m’a amené un travail (mon boss précédent m’avait connu et souhaité dans son équipe en me lisant) et une relation sentimentale. Les deux ont mal fini (même si je le dis comme une pensée magique, je n’ai pas renoncé à cette histoire, pas encore…), cela interroge. Se savoir lue par des gens qui vous sont si proches est épuisant au quotidien, chaque mot pèse, chaque mot est donc pesé et cela n’est pas possible durablement. Il y a une espèce de mise sous séquestre de sa propre vie que l’on ne peut pas tenir sur le long terme. On se demande de quoi parler, quoi partager et comment être. Sans parler des billets qui suscitent une horde de mecs en rût que votre mec peut considérer comme des rivaux ou vous considérer comme malsaine de vouloir les attirer.

J’ai longtemps espéré que FB m’aiderait à réaliser mon vieux rêve d’être éditée, cela m’a apporté des gens, pas toujours intéressant, parfois connu (genre David Lowe !), mais j’ai surtout été déçue. Je peux raconter l’histoire du premier secrétaire du PS français qui vous demande en ami et qui dans les 10 secondes, vous envoie un message de drague appuyée ! Je ne dirais pas son nom, ce n’est pas l’actuel. Les mecs sous couvert de la virtualité se permettent tout et n’importe quoi.

Aujourd’hui, je me sens soulagée de ne plus être sous cette loupe. Ici, je me sens chez moi, dans mon univers, bien au chaud. Je vais certainement beaucoup écrire, trop certainement pour être lue. C’est un outil pour retrouver le plaisir d’écrire. Juste ça.

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