Bonjour, docteur

IMG_3101Peut-être que cela pourrait s’appeler « journal d’une dépression », la mienne, j’imagine que chacun la vit à sa manière, il n’y a pas une dépression type, il y a juste un moment où assise dans le lit à pleurer, il n’est pas imaginable de continuer comme cela. Ce n’est pas ma première, alors, je commence un peu à connaitre la bête, à savoir ce qu’il ne faut pas faire : la laisser prendre la main. La précédente, c’était aussi à cause d’un homme, un de ceux pour qui tout va bien, et qui du jour au lendemain, part sans explication et revient 3 ans plus tard en vous déclarant que tout compte fait, il a découvert que vous étiez la femme de sa vie. Dommage, pour moi, l’histoire avait été soldée au prix d’une dépression carabinée.

Cela va s’appeler « journal d’une dépression » et je pense à ceux qui sont de l’autre côté de l’écran, leur sentiment de malaise face à cet épanchement abrupt, trop intime. Et à se demander pourquoi Alberte n’écrit pas juste pour elle, en fermant son ordinateur, après avoir raconté ce qu’elle vit. Parce qu’elle a besoin de l’écrire pour d’autres, pour un algorithme qui enverra sur cette page des gens qui vivent la même chose et qui peut-être auront aussi besoin de se sentir moins seuls. Alberte n’aime pas parler de cela à ses amis parce qu’elle en a assez d’être celle pour qui rien ne se passe comme chez les autres. C’est compliqué de ne pas être dans une vie rangée, évidente, classique. La psy dit que c’est le signe d’être en vie, parfois, j’aimerai être moins vivante et plus « comme les autres ». Il y a tant à dire, il faut que j’admette de les dire, phase après phase.

Assise dans le lit à pleurer, un jour, deux jours, des enfants assez grands pour ne plus leur vendre des « maman est fatiguée, ou maman a la grippe ». Vite, leur dire que le gentil monsieur dont elle parlait beaucoup s’est barré. Mon fils de lâcher un « quel con » sorti du fond du coeur. Deux jours et admettre qu’il faut voir un médecin, lui raconter que cela ne va pas, que ce n’est pas moi cette fille qui pleure sans pouvoir s’arrêter, que je ne peux pas « rester comme cela ». Pleurer devant lui comme les dernières forces mises dans la bataille pour résister aux digues qui craquent. Se faire prescrire des anxiolytiques. Non, docteur, je ne veux pas être abrutie, je ne veux pas passer ma vie à ressembler à un zombie. Je veux recommencer à être moi, à vivre, à penser, à remettre le cerveau en marche mais autrement. J’en ai assez qu’il tourne en boucle, qu’il ne voit que le lit vide, que la solitude de la fille de 45 ans. Donnez-moi des anti-dépresseurs, de ceux qui ouvrent la voie, qui défrichent les idées, les ordonnent autrement, plus joyeusement.

Les premiers jours sont pires, on a envie de se jeter par la fenêtre, l’envie de mourir est décuplée, on rappelle le médecin qui dit que c’est normal, ils enlèvent les inhibitions, toutes, les bonnes comme les mauvaises et quand on a surtout des mauvaises, la phase est la pire. J’y suis en plein dedans, des envies sombres qui prennent le pas sur tout. Tout demande un effort. On se sent capable de quelque chose et l’heure d’après, on veut juste s’enfermer chez soi et hurler sa douleur.

Prenez vos anxiolytiques, je vous l’ai dit… 3 semaines, trois semaines, le temps que les idées noires soient chassées par la chimie du bonheur. 3…, il en reste 2 à passer…

5 réflexions au sujet de “Bonjour, docteur”

  1. Si tu peux courir, cours 1 heure.
    Effet chimique immédiat au bout de20 minutes des hormones mais endogènes 🤗. Plus naturel.
    Mais prends tes cachets en plus si tu en ressens le besoin.
    Tiens bon.

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  2. Courage, Alberte ! Chaque jour qui passe te rapproche de la lumière… Tu as fait déjà beaucoup en allant voir un médecin et en écrivant ces mots. Je t’embrasse. Emmanuelle

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  3. Telle a raison! Si tu n’as pas la force de courir, va marcher avec une motivation, photos, ramassages de trucs pour bricolage de déco…
    Et puis faire des trucs que tu dois faire, ranger le garage ou le grenier, décaper un meuble….
    Fait passer ton énergie par les mains,
    Tu bosses aujourd’hui?
    Bises, Alberte

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